Les chiffres de l'Apec

L'Apec a publié début avril son étude annuelle sur les recrutements de cadres. Après 294 500 embauches en 2025, en baisse de 3 %, les entreprises prévoient de recruter 305 800 cadres en 2026, soit une hausse de 4 %. Le marché repasserait ainsi au-dessus de la barre des 300 000.

Deux points méritent d'être soulignés :

  • Les PME portent la reprise. Elles devraient recruter environ 200 000 cadres, soit près des deux tiers des embauches.
  • Les fonctions les plus recherchées restent les mêmes : informatique, études et R&D, commercial et marketing, qui concentrent à elles trois plus de la moitié des recrutements attendus.

L'Apec rappelle aussi que ces prévisions restent soumises à de fortes incertitudes, en particulier liées au contexte géopolitique.

Moins de tensions, plus de candidatures

C'est le point le plus intéressant. Selon l'Apec, les difficultés de recrutement sont en repli depuis cinq ans. Les fortes tensions de l'après-crise sanitaire se sont nettement allégées avec le retournement du marché. Pour 2026, la reprise des embauches ne devrait pas se traduire par un retour des pénuries.

Pour un recruteur, cela change la nature du problème. Il y a quelques années, il fallait convaincre des candidats rares. Aujourd'hui, pour beaucoup de postes, il faut départager des candidats nombreux, aux CV souvent très proches.

Le vrai défi : départager

Quand on reçoit beaucoup de candidatures pour un même poste, le risque est double.

Aller trop vite. On trie sur quelques critères visibles, un diplôme, un intitulé de poste, une entreprise connue, et on passe à côté de profils solides mais moins bien présentés.

Aller trop lentement. On multiplie les appels et les entretiens pour se faire une idée, et le processus s'allonge. Les meilleurs candidats, eux, n'attendent pas.

Un enjeu particulier pour les PME

Les PME, qui portent l'essentiel de la reprise, recrutent souvent sans équipe RH dédiée. C'est le dirigeant ou un manager qui trie les candidatures, entre deux rendez-vous. Pour eux, chaque heure compte, et chaque erreur de recrutement coûte cher.

Ce sont aussi les entreprises qui ont le plus à gagner à regarder au-delà du CV. Une PME a rarement la notoriété d'un grand groupe pour attirer les profils « parfaits » sur le papier. Elle a tout intérêt à repérer les personnes motivées, qui partagent son état d'esprit, même avec un parcours moins classique.

Ce que disent les autres indicateurs

Les enquêtes publiées en début d'année vont dans le même sens. Début février, Robert Half indiquait que 37 % des entreprises prévoyaient de créer des postes en CDI au premier semestre, son niveau le plus haut depuis début 2024. Hellowork, de son côté, a mesuré en 2025 un recul de près de 10 % des offres publiées sur sa plateforme.

Le marché sort donc d'une année creuse, avec des intentions d'embauche en hausse mais prudentes. Beaucoup d'entreprises recruteront au compte-gouttes, sur des postes précis, avec l'exigence de ne pas se tromper. C'est exactement le contexte où le choix entre plusieurs bons candidats devient le moment clé.

Voir la personne plus tôt

Face à un volume de candidatures en hausse, la meilleure réponse n'est pas de trier plus vite sur les mêmes critères. C'est d'ajouter une information qui aide vraiment à choisir. Voir et entendre un candidat répondre à quelques questions, avant même de l'appeler, permet de faire ce tri avec plus de justesse et moins de temps.

C'est ce que propose WhyMe, incubée au Start-Up Shaker de l'Apec : donner la parole aux candidats dès l'étape du CV, pour que le recruteur rencontre des personnes, et pas seulement des parcours.